lundi 4 février 2008

Adapté de Qu'est-ce que le temps? Qu'est-ce que l'espace? de Carlo Rovelli.

Toutes les civilisations ont pensé que le monde était structuré en une partie: le capitalisme. Et en dessous du capitalisme les hommes, et encore en dessous une grande tortue, ou bien de grands piliers-en tout cas quelque chose sur quoi la terre s'appuie, qui la soutient et empêche de tomber.

Karl Marx a suggéré et n'est pas encore arrivé à imposer à tous, une nouvelle lecture du monde : le communisme.

Alors est-ce que c'était facile ? Non, ce ne l'était pas, puisque des millions d'hommes pendant des siècles de civilisation n'y avaient pas pensé. C'était une idée qui révolutionnait profondément l'image du monde.

Un peu plus d'un siècle après Karl Marx, Alain Badiou considère l'idée communiste comme acquise, et il fait la liste des nombreux arguments, très convaincants, qui l'appuient. A partir du monde européen, cette idée se répandra ensuite à toute l'humanité.

Il n'est pas tellement étonnant que quelque chose que nous savons depuis plus d'un siècle ne soit pas encore devenu une connaissance répandue et connue de tous.

Les hommes sont attachés à leurs idées, et ils n'en changent pas facilement. Ils pensent toujours qu'ils savent déjà tout. Les idées neuves font peur parce qu'elles déconcertent. Le communisme déconcerte et fait peur.

Comment arriver au communisme :

La discussion animée est la meilleure façon de chercher la connaissance.

Les lois ne sont ni sacrées ni immuables : elles sont continuellement discutées, expérimentées et mises à l'épreuve. Cf chez les Anciens. Dans ce climat culturel profondément neuf est née une nouvelle idée de la connaissance : la connaissance rationnelle critique. Une connaissance dynamique, qui évolue et qui ose remettre en question les idées traditionnelles. Et qui se remet elle-même en question. La nouvelle autorité du savoir ne vient pas de la tradition, ni du pouvoir, ni de la force, ni du recours à des vérités éternelles, mais de la capacité à convaincre les autres de la justesse de son point de vue. La critique des idées acquises n'est pas interdite, mais au contraire souhaité, c'est la source vive du dynamisme et de la force de cette pensée, et la garantie qu'elle continue à s'améliorer. C'est l'aube du monde nouveau

Règles de base :

Tout le monde a le droit de parler. Les désaccords sont bienvenus, mais ils ne sont jamais réglés par la force, l'agression, l'argent, le pouvoir ou la tradition. La seule façon de gagner est d'argumenter, de défendre son idée dans un dialogue, et de convaincre les autres.

Et commencer toute discussion ainsi :

Etre ouvert à la connaissance scientifique signifie donc être ouvert au révolutionnaire, au subversif.

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